mardi 26 décembre 2017

Une bonne fois pour toutes. Merci Riss

"Édito
MMDTG*

« Les gars, vous savez ce qu'on dit à une femme qui a déjà les deux yeux au beurre noir ? On ne lui dit plus rien! On vient déjà de lui expliquer deux fois!» Cette blague prononcée par l'animateur Tex sur la chaîne C8 lui a aussitôt valu une mise à pied de France 2, puis finalement son licenciement.

Fini de rigoler, fini le second degré, fini l'humour noir. C'est ainsi. Par des juges invisibles tapis quelque part autour de vous, il a été décidé qu'il ne fallait plus rire en public avec ce genre d'humour. Aucun tribunal n'a prononcé de sentence, aucune loi n'a été violée, et, pourtant, le bourreau a fait son office et a coupé la tête du malheureux animateur. On invoque la lutte contre les violences faites aux femmes pour justifier la sanction de cette blague cruelle. Le féminisme a bon dos. Cette explication est inacceptable, car c'est toujours par ce procédé qu'on censure et qu'on interdit. Ne faites pas de blagues sur la religion, car vous stigmatisez les croyants. Ne faites pas de blagues sur les petits enfants qui se font tripoter, car vous banalisez la chose. Ne faites pas de blagues sur les handicapés, car vous aggravez leur situation. C'est la théorie de l'huile sur le feu. Et si vous riez à une blague, vous contribuez à aggraver l'injustice que l'humour a eu l'audace de mettre en scène.

Que reste-t-il au rire après ça? Plus rien. Parce que le ressort de l'humour est précisément la transgression. On prend la liberté de rire avec quelque chose qui n'est pas drôle. Car, c'est vrai, battre des femmes, ce n'est ni bien ni drôle. Violer des enfants, ce n'est ni bien ni drôle. Humilier des handicapés, ce n'est ni bien ni drôle. En réalité, rien n'est drôle dans la vie. Un piano, ce n'est pas drôle. Un type qui marche dans la rue, ce n'est pas drôle. Mais un piano qui tombe du dixième étage sur la tête d'un type qui marche dans la rue, c'est drôle. L'humour est une construction de l'esprit, une invention qui se renouvelle en prenant sans cesse des libertés. C'est précisément ce qui insupporte les censeurs : prendre trop de liberté. Cette fois, vous allez trop loin. Contrairement à ce qu'on croit, la première vertu de l'humour n'est pas de faire rire, mais de s'emparer d'une liberté que personne ne vous a accordée. Moi, je décide que cette chose est drôle. Je ne demande l'autorisation à personne. Je prends cette liberté et je ris. C'est bien pour cela que le rire a toujours été subversif et inquiète tous les ordres établis. Il ne respecte pas la hiérarchie, il est indifférent aux grades et aux positions sociales ou morales. L'humour est la première manifestation de la liberté. Qu'importe que les blagues soient drôles ou pas, qu'elles aient de l'esprit ou pas, qu'elles soient fines ou grossières. Ce qui compte, c'est de s'approprier une liberté et d'en faire usage : je ris, donc j'existe. La question du bon goût est secondaire. L'enjeu est ailleurs.

Malheureusement, cette liberté n'a jamais été autant remise en cause. Il suffit de lire les réactions sur les réseaux sociaux dès qu'une blague ou un dessin déplaisent. Une armée de censeurs surgit de nulle part et vous envoie aussitôt à la potence. Menaces de mort, injures, et maintenant licenciement... Tous ces braves gens s'imaginent investis d'une moralité exemplaire et sublime qui leur donnerait le droit de dire ce qui doit exister et ce qui ne doit pas exister.

Cette vague autoritariste n'épargne personne : journalistes, acteurs, féministes, associatifs, militants de tout poil, professeurs, hauts fonctionnaires et bien d'autres encore, partout le moralisme trouve des censeurs prêts à agir pour réprimer les mauvais sujets. La France ressemble de plus en plus à une classe de lèche-cul toujours prêts à moucharder pour bien se faire voir du maître. Une France de lâches, de corbeaux et de délateurs, qui croient défendre le bien, mais ne défendent que leur servilité. Qui ont la prétention d'oeuvrer pour un monde meilleur, mais ne font que le rendre plus stupide en l'infectant de leur propre bêtise.

On s'adresse aux citoyens comme s'ils étaient des gosses. On leur fait les gros yeux quand ils disent des gros mots. On les envoie au coin quand ils disent des bêtises à la télé. On les récompense avec des bonbons quand ils sont obéissants. Le vocabulaire a été envahi par cet infantilisme organisé. «Crush» pour parler d'un «coup de coeur», «bae» pour dire «petit ami», «kawaï» pour dire «mignon», «lol» (laughing out loud) ou «MDR» pour dire «mort de rire», «xoxo» pour dire «bisou»... Dans ce langage puéril, les subtilités de l'humour noir n'ont plus leur place. On nous parle comme à des gosses pour pouvoir nous gronder comme des gosses. En réalité, on nous parle comme à des chiens, on nous donne des susucres comme à des chiens, et quand on ne pisse pas dans le caniveau, on nous punit comme des chiens. Ce monde de «kawaï» et de «lol» n'a rien de gentil et de sympa. Ce langage infantilisant est destiné à nous maintenir et à nous contrôler. Finalement, une claque dans la gueule de temps en temps remettrait en place les idées à ceux qui veulent contrôler les nôtres.

* Ma main dans ta gueule."

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samedi 16 décembre 2017

Limites

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samedi 7 janvier 2017

Dons

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mercredi 9 novembre 2016

Merci Pessin

 

 

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jeudi 18 février 2016

Retour en fanfare

Duc

 

Je reviens... avant de repartir bientôt. Merci pour vos commentaires variés en mon absence mais je n'aurai pas le temps de répondre à tout le monde.

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mardi 17 février 2015

Humour

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